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Kōryū-ji : un voyage aux origines du bouddhisme japonais

Japon - Kyoto
Koryuji Temple, 花園停車場広隆寺線, Uzumasa-Kakiuchicho, Arrondissement d'Ukyō, Kyoto, Préfecture de Kyoto, 616-0000, Japon
Publié le 24 juillet 2026
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À l’écart des grands temples les plus fréquentés de Kyoto, dans le quartier d’Uzumasa, le Kōryū-ji conserve une atmosphère paisible qui semble remonter aux premiers siècles du bouddhisme japonais. Fondé en 603, il est considéré comme le plus ancien temple encore en activité de Kyoto. Sa création est liée à Hata no Kawakatsu, un immigrant d’origine coréenne devenu proche du prince Shōtoku, figure essentielle de l’introduction du bouddhisme au Japon.

À l’origine appelé Hachioka-dera (« temple de la colline des abeilles »), le temple servait notamment à conserver des œuvres bouddhiques venues du continent asiatique. Comme beaucoup de temples anciens de Kyoto, il fut plusieurs fois détruit par des incendies, mais il a toujours été reconstruit, conservant ainsi le lien avec son histoire plus que millénaire.

À l’entrée du temple se trouvent les célèbres gardiens Niō, deux imposantes statues protectrices placées de chaque côté de la porte principale. Appelés aussi Kongō Rikishi, ils ont pour fonction de protéger l’espace sacré contre les forces négatives. Agyō, la figure à la bouche ouverte, symbolise le commencement, tandis que Ungyō, à la bouche fermée, représente l’accomplissement ou la fin. Ensemble, ils expriment le cycle complet de l’existence, du premier au dernier souffle. Leur apparence puissante et leurs expressions menaçantes rappellent que l’entrée dans un temple marque le passage du monde ordinaire vers un espace spirituel.

La pièce maîtresse du Kōryū-ji se trouve dans le pavillon des trésors : le Miroku Bosatsu (bodhisattva Maitreya), une statue en bois datant probablement du VIIᵉ siècle. Avec son visage serein et son célèbre sourire méditatif, elle est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de la sculpture bouddhique japonaise. Il n’est cependant pas autorisé de la photographier. Cette restriction est fréquente au Japon pour certaines œuvres religieuses : elle répond à la fois à des raisons de conservation, mais aussi au respect du caractère sacré de statues qui ne sont pas seulement vues comme des œuvres d’art, mais comme des objets de vénération.

Cette distinction entre les œuvres accessibles à la photographie et celles qui restent protégées rappelle que, dans les temples japonais, l’art et la spiritualité restent profondément liés. Le Kōryū-ji offre ainsi une rencontre rare avec les origines du bouddhisme au Japon, entre patrimoine artistique exceptionnel et lieu encore vivant de pratique religieuse.



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